mercredi 1 octobre 2014

Marc AILLET : Le croisé de Baiona est de retour.


En date du 26 septembre ,notre cher croisé de Bayonne,se permet une nouvelle fois de prendre en otage le site du diocèse pour propager ses idées moyenâgeuses.
Dans cette lettre ,il appelle les diocésains à l'appel des homophobes d’extrême droite de la dite "Manif pour tous".
"Au risque de paraître insistant sur ces questions sociétales, je ne peux qu’encourager tous ceux parmi les fidèles du diocèse qui le jugeront opportun, en pleine liberté et en conscience, à répondre favorablement à cette invitation à se mobiliser".Insistant peut-être,intégriste surement.Car lui à ton vraiment demander son
avis ?
 Cette est une vraie est un vrai ramassis d'idées d'un autre temps,pour ne pas dire rétrograde.L’évêque parle
 " respect des personnes et sans condamner quiconque, l’essentiel est d’avoir une conscience claire des graves conséquences qu’une telle législation induirait de manière durable dans notre société".
Pourtant c'est ce que lui et toutes les personnes qui le suivent,font depuis 2 ans en stigmatisant les LGBT.
Il fait une comparaison plus que douteuse avec les événements dramatiques d'Irak et du Kurdistan.
 "Il ne m’appartient pas évidemment de donner des consignes à quiconque, mais je me sens pressé, au nom de la dignité de la personne humaine dont l’Église se fait toujours le porte-voix, d’alerter les consciences sur la « rupture de civilisation » qui est ainsi en marche.
 On aurait envie de lui répondre,mais est ce vraiment nécessaire ?

Lien :  http://diocese64.org/actualites/15-eveque/parole/482-lettre-de-mgr-aillet-aux-catholiques-du-diocese-au-sujet-de-la-manif-pour-tous-du-5-octobre-2014

samedi 27 septembre 2014

Ukraine : interview avec un anarchiste de Donetsk

Face aux fascistes de Kiev,ou à la complaisance de certains envers la Russie,une interview intéressante d'un militant libertaire.
Source: ANARKISMO

La RKAS a survécu à plusieurs crises, s'est impliquée dans la grève des mineurs, et eut plusieurs projets à long-terme, mais qui ne furent pas sans querelles et scissions internes. Au fil des années, l'organisation a été de moins en moins entendu. Pour comprendre ce qui est arrivé à la RKAS, mais aussi pour connaître leur opinions sur les récents événements en Ukraine, nos camarades russes d' "Action Autonome" sont allés interviewer un camarade de RKAS , Samourai.
Version en anglais publiée le 9 août 2014
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AA : Quelle est la situation en Ukraine ? Ton évaluation.
S : Une révolution politique est en train de placer la bourgeoisie nationale au pouvoir, dans un contexte de guerre civile avec une intervention mal dissimulée d'un état voisin, la Russie. Pour faire simple, si je devais utiliser une formule plus lyrique, la vie continue avec deux réalités parallèle : les gens vont au café, continuent leur vie quotidienne, avec les enfants autour, là où au même endroit existent la mort, la violence, la haine...
La situation est très compliquée, et va sûrement durer un long moment. Peut être plusieurs années. Les échos pourraient ne jamais s'éteindre. La division de la société s’accentue chaque jour. D'un point de vue politique, il y a un enchevêtrement de contradictions et de jeux d’intérêts. J'ai beaucoup écrit autour de cet enchevêtrement dans mes article, il y'a maintenant un moment. Durant Maidan et un peu après je disais pendant mes interviews à l'ADSR ( Autonomous Action Contre-révolutionnaire- L'action Autonome social-révolutionnaire), que nous rentrions en hiver. Depuis, la situation s'est encore plus complexifiée. Beaucoup de choses se sont révélées être vraies, de nouveaux acteurs sont entrés en jeu, beaucoup de choses sont devenues plus évidentes. Mais de manière générale, tout s'est déroulé comme je l'avais prédit dans l'article « Baptême du sang ». Ils riaient alors de mes prévisions.... Aujourd'hui la division du pays et la guerre civile sont juste des faits.
Dans quoi êtes vous engagés en ce moment ?
Malheureusement, je ne peux pas tout vous dire. Autrement, beaucoup de gens bien et moi-même auront des problèmes multiples mais nous avons beaucoup de projets. C'est pourquoi je dirais juste que nous essayons de trouve une ligne d'action pertinente dans cette situation nouvelle et changeante.
En tant que RKAS, nous n'existons plus dans la forme connue jusqu'à maintenant. Officiellement, et tacitement, la RKAS a été dissoute, et son noyau a basculé dans des actions illégales. Pourquoi est-ce arrivé ? C'est arrivé parce que la forme que la RKAS avait jusqu'à présent, n'est plus celle adaptée au temps qui arrive. Et dans le même temps , l'ensemble du mouvement anarchiste - en Russie comme en Ukraine - n'a pas les exigences pour la situation actuelle; et RKAS était une partie de ce mouvement et n'a pas réussi à en corriger tout les vices, qui font que «  l'anarcho-mouvement » contemporain ne soit pas du moment. Toutes ces années nous avons tentés de créer un projet efficace dans le type de milieu où ce genre de projet est condamné à échouer. RKAS était un projet. Et le temps nous a montré la futilité complète de nos attentes. Pourquoi suis-je aussi direct ? Il y'a trois raisons qui font que le mouvement anarchiste dans la forme qu'il a aujourd'hui n'a pas de futur. La première est l'infantilisme accablant de la majorité des personnes qui rejoignent le mouvement. Cela n'a pas de rapport avec l'âge, bien que la majorité des participants qui rejoignent le mouvement soient des jeunes. En parlant d'infantilisme je veux dire l’état d'esprit, un point de vue enfantin sur un certain nombre de sujet fondamentaux et sérieux et un manque de sérieux dans la perception des sujets centraux. C'est le paradigme de la conscience de la majorité de ceux qui adhèrent à l'anarchisme, peu importe l'âge qu'ils ont- 14, 16,18, 25 ans ou plus vieux. La naïveté et une certaine forme d’inefficacité enfantine leur sont inhérente. Ces personnes forment l'agenda du mouvement et modèlent son existence. La deuxième raison est la forme « sous-culture » du mouvement. Une très bonne illustration de mes propos est l'une des interviews sur les événements en Ukraine sur le site « d'Action Autonome », dans une réponse d'un des anarchistes interrogés à la question «  Y'a t'il des groupes anarchistes dans le Donbass ? »
« L'activité des anarchistes est à un niveau très bas, il sont peu nombreux. C'est pourquoi leur influence sur la situation politique est extrêmement négligeable. Il y'a des groupes d'anarchistes «  non-organisés » dans plusieurs villes de la région – Donetsk, Kramatorsk, Gorlovka, Mariupol, Yasinovataya. Les membres de chaque groupe approche la dizaine... leurs activités sont variées, depuis l'organisation de jeux de « five-a-side », de concerts, jusqu'à l'agit-prop ( stickers , graffiti)... Mais ces activités ne sont pas systématiques, et ces groupes sont en quelques sortes des groupes affinitaires. »
Je pense qu'il n'y a rien à expliquer. La seule chose que je voudrais demander quand je lis ça : Pourquoi y a-t-il autant de petits groupes, qui s'appellent eux mêmes anarchistes, mais qui dans le même temps, ne sont pas unis dans une seule organisation alors qu'engagés dans une merde évidente ? v La question est rhétorique, et la réponse est tout aussi évidente : l'infantilisme des anarchistes, l'ambition personnelle et l'absence complète, en même temps, de la plus petit vision stratégique des leaders de ces groupes, qui ne cherchent pas à dépasser la « sous-culture » absurde et éculée de « l'action pour l'action », de leur ego, et à s'unir dans une seule organisation et travailler sur un agenda politique.
Un exemple de plus de l'infantilisme et de la paresse idéologique : on peut se rappeler la propagande anti-électorale de la scission de la RKAS, la « Mezhdunarodnyj Souz Anarkhistov » ( MSA, Union Internationale des anarchistes) à Donetsk. Pendant la séparation, les scissionnistes argumentaient beaucoup sur le prétendu autoritarisme de la RKAS qui ne leur donnait pas l'opportunité de se réaliser, et que leur initiatives étaient supprimées et ainsi de suite. Le résultat, c'est qu'une fois libéré de la « dictature du bureau organisationnel de la RKAS », qui les faisait aller dans les mines et les usines, propager le journal «  Anarchy », et discuter avec les syndicats et les coopératives, et faisait construire une « garde noire » auto-disciplinée, s'étant libérée des décisions de l'assemblée de la RKAS et ayant crée la MSA, ils ont montré leur capacités stratégiques et idéologiques en collant des affiches faites main, contenant le message : «  N'allez pas aux élections, mangez des légumes ! »
Et où sont tout ces nouveaux, incroyable anti-autoritaires, les créateurs qui ont affaibli systématiquement la RKAS et mis en pièces le mouvement anarchiste par leur arrivée, en ne lui donnant pas l'opportunité de s'organiser dans une organisation de masse puissante ? Sont-ils toujours en train de coller des stickers, à peindre des graffitis dont personne ne veut, à organiser des match de football et aller à des concerts ? Manger des légumes, ne votez pas ? C'est pour ces raisons , qu'il fallait détruire tous les germes constructifs dans le mouvement anarchiste, en disant que ce n'était pas « assez digne de l'anarchisme pur » ? C'est de cette façon là que les enfants réagissent, en organisant des séjours de désobéissance et des émeutes, pour le bien de leurs petites insultes et leurs jeux.
Et finalement, l'anarchisme des anarchistes, est du au fait que les anarchistes sont devenus le principal obstacle à l'anarchie. Je recours à cette tautologie amusante pour amener votre attention sur cette vieille maladie d'être « anti-organisationnel », destructeur et irresponsable, de le porter à l'échelle d'une vertu et d’empêcher de fait tout travail constructif. Les anarchistes, avec leur erreur absolument absurde, ont échoué à établir une organisation. Et toutes les tentatives pour établir l'organisation à travers le terreau du projet « RKAS » ont donné lieu à une réelle croisade contre « l'autoritarisme et l'extrémisme ». Tant la situation en février 2013 que l’actuelle ont clairement montré toute l'impuissance de cette forme infantile amorphe, d'anarchisme « sous-culture », peu importe quel nom il s'est donné face aux événements historique réels.
Pour en revenir au sort de la RKAS, je peux dire que sa disparition est juste un palier tactique. Peut-être, la RKAS renaîtra avec une nouvelle capacité en tenant compte de toutes les erreurs et en se modernisant. Peut être nous créerons quelque chose de nouveau ou un mélange de variantes. Mais l'esprit de la RKAS et le type d'anarchisme que nous avons essayé de monter depuis plus de vingt ans maintenant, est toujours en vie. Nous n'abandonnerons pas et nous ne disparaissons pas. A présent, nous sommes dissous dans le temps et l'espace, pour l'instant.
Quelle est la composition sociale des protestataires du Sud-Est et de ceux de Maidan ? Qui sont les leaders et les gens ordinaire qu'on y retrouve ?
Maidan et les séparatistes du Sud-Est ne diffèrent pas énormément l'un de l'autre. Les deux rassemblent la population de l'Ukraine : intellectuels créatif, employés, entrepreneurs, citoyens, la population rurale, étudiants, le lumpen prolétariat et les anciens militaires. Cette guerre fratricide se fait entre des gens qui des intérêts communs, mais dans la course à la manipulation politique, cette nation est détenue un otage et une marionnette des intérêts dans la vendetta de clans économiques, de familles, en fait « les personnalités importantes ». Au lieu de tourner leur armes contre les oligarques au pouvoir et leurs empires, les gens ordinaires de Maidan ont mis au pouvoir de nouveaux oligarques, et les gens communs du Sud-Est veille sur l'ordre de la famille du président déchu Yanoukovitch et de son maître à Moscou. Toute cette rhétorique parfumée au nationalisme et au chauvinisme, tout ces pleurs a propos des intérêts du l'Est ou de l'Ouest sont juste des décors de scènes pour la lutte d’intérêts entre les familles oligarchique, et les institutions d’État, sont les sujets de leurs volontés. Mais ce décors est sanglant. Les peuples ont toujours payé de leur vie pour les intérêts de leurs maîtres, que ce soit durant la première guerre mondiale ou la deuxième. Dans les guerres locales récentes de l'histoire contemporaine et hélas, aujourd'hui en Ukraine. Avec comme résultat, des blessures sanglantes et de la colère pour des décennies- c'est la seule chose que le peuple ukrainien recevra finalement pour ses sacrifices. Les populations d'Ukraine, et ceux qui se reconnaissent comme tel ou qui ne le réalise pas, sont embrigadés dans ce « jeu des trônes » cruel. Les gens des deux côtés des barricades et des barrages routiers doivent comprendre qu'ils ont été trompés, qu'ils sont en train de se battre pour une mythologie, et qu'en réalité ils s’entre-tuent, alors qu'ils sont un corps uni. Les travailleurs qui ont été lancés les uns contre les autres comme des chiens de combats, sur lesquels les enjeux sont placés, n'obtiendront rien à part des blessures et de la douleur. Parce que l'ennemi est du mauvais côté du spectacle. L’ennemi est au Kremlin et au Palais Mariinsky, au Capitole et au Bundestag.
Parlons maintenant des leaders. Les leaders de Maidan sont la bourgeoisie nationale, et ses éléments radicaux. Qui sont les leaders séparatistes ? La bourgeoisie nationale et ses éléments radicaux. A l'Est, ils effraient les gens avec Pravyi Sektr (« Secteur Droit »), et les appellent à combattre le fascisme- ceux qui viennent des partis et mouvements fascistes russes et partage le paradigm du fascisme impérial de la nation russe. Les supporters de Barkashov, Zhirinovsky, Dugin and Limonov appellent à combattre le fascisme, disent-t-il ? C'est n'importe quoi ! Et l'aspect le plus triste de ce processus est que par fascisme les fascistes et nationalistes russes, ensemble avec ceux bernés par eux, c'est à dire tout les Ukrainiens, le peuple ukrainiens en fait. Les Ukrainiens ont renié leur histoire, leur langage, leur propre nom, leur droit d'exister en tant que tel. À Donetsk, selon leur logique, tu as le choix d'être russe ou d'être un fasciste. Si tu es Ukrainiens, mais que tu n'as rien a voir avec le nationalisme et qui plus est avec le fascisme, ca ne compte pas. Si tu dis, «  Je suis ukrainien », pour un mot en ukrainien, tu es battu ou tué. C'est simple. Voici la logique du « nationalisme anti-fasciste » impérial russe. Venez à Donetsk et parlez ukrainien si vous voulez voir par vous même. Et ce fantôme a embrasé, non seulement la droite pro-russe, mais toute les strates de la population. Même la soi-disant gauche dans le Sud-Est. La manipulation gagne la guerre. C'est arrivé à Maidan et ça arrive maintenant dans le Sud-Est.
Quelles types d'organisation sont « Rabotchiy front » et « Lava » ? Quel impact ont-elle ?
« Lava » est juste un groupe de mineurs qui vient d'une des mines de Donetsk, qui, sous l'impulsion générale, dans les premiers jours d'émeute dans la ville est venu au siège de l’administration régionale d'Etat et a écrit « Lava » sur un drapeau noir. Ce n'est pas une organisation politique. C'est juste un groupe de gens. La drapeau trôna sur le balcon du bâtiment pendant quelques jours, puis disparut, tout comme le groupe lui-même. Ces gens n'avaient rien à voir avec l'anarchisme. C'est arrivé durant les jours d'émeutes. Les gens dans le tumulte des choses font des choses, mais ces choses n'ont aucune conséquence.
« Rabochiy Front » est un groupe qui a émergé de la scission de l'Union des Travailleurs Ukrainiens bien avant les événements de Maidan. Ce sont des travailleurs communistes, avec une vision pro-soviet. Quand le soulèvement de Donetsk a commencé, ce groupe s'est montré en protégeant un monument pour Lénine. Puis ils ont participé à la capture de l'Administration Régionale de Donetsk. En général, la participation des sympathisants du Parti Communiste d'Ukraine et des groupes pro-soviétique dans le mouvement séparatiste se sont manifesté massivement et activement. Même le parti « Borot'ba » a pris une part active dans les événements du Sud-Est. Beaucoup de gens voit la Russie comme la successeure de l'Union Soviétique. Et, connecté à ça, dans tout les « pro-russianisme » ils voient une sorte de restauration de l'URSS. C'est très illogique et ridicule, et je n'ai même pas envie de commenter ça. Mais les psychoses de masse sont des phénomènes complexe. Cela a été parfaitement décrit par quelque uns, de Le Bon à Reich en passant par Moscovici. Il y'avait un temps ou je n'arrivais pas à comprendre comment les Nazis avaient réussi à gagner l'Allemagne aussi facilement. Maintenant je comprend. Les foules peuvent être seulement manipulés, elles avalent tout. De plus, aucun des schémas classique du monde ne marche à l'ère du Post-modernisme. C'est pourquoi tu peux voir un communiste et un fasciste au coude à coude, un impérialiste et un partisan des conseils de travailleurs, un anarchiste et un nationaliste. Je me souviens d'une illustration vive de ceci, quand à un rassemblement antifasciste en l'honneur de l'anniversaire de la victoire sur le fascisme, le 9 Mai à Donetsk, mon frère, un partisan des séparatistes, a été accueilli par un « Heil Hitler » antifasciste par ses camarades de mouvement, l'un de ceux qui ont pris le service de sécurité d'Ukraine. En réponse de mes remarques sarcastiques, mon frère, qui est venus protéger « les vétérans de Banderovtsky », murmura timidement : “Hrmph…”.
Peux-tu développer sur le référendum du 11 Mai ?
Un autre exemple de la société du spectacle. Le référendum- qui ne peut être réfuté ou vérifié. Avec ses faux ballots et bureau de vote, sans observateurs et sous l'oeil attentif de personnes masquées. J'ai eu moi-même la joie d'être témoin du gars avec un canon scié qui était en train de protéger mon bureau de vote. Le référendum, a propos duquel le tireur de ficelle M. Barbashov a personnellement informé un des leaders de la République Populaire de Donetsk en lui donnant ses instructions «  Ecrit 90 pour cent des votants présents et voyons la réactions des Kokhoziens » ( une expression péjorative ou offensante désignant les ukrainiens). C'était une farce. Pour être plus précis, cela faisait partie des stratégies politiques intégrées dans un projet plus global. Son but était de créer en premier lieu des républiques populaires indépendante, supposées légitimes, et puis de demander leur admission dans la fédération russe. Partout, que ce soit à Donetsk ou a Lougansk, le scénario de la Crimée a été exécuté. Et en premier lieu les séparatistes avaient beaucoup d'espoir sur cette option. Pas par accident, quelques heures après la proclamation de la DNR (la République Populaire de Donetsk), ses leaders demandaient la protection de Poutine. Ceci dit, je me demande comment la rhétorique anti-oligarchique et socialiste des séparatistes se combine avec l'amour pour un état impérialiste, autoritaire et oligarchique et spécialement le méga-oligarque Poutine, dont la fortune s'élève à plusieurs millions. Un autre fait dans cette tragicomédie absurde. Le scénario criméen a échoué dans le Donbass, une annexion rapide et facile a échoué. Les circonstances étaient mauvaise du temps a été perdu. Et en général, je doute que cela faisait partie des plans de Poutine. Je ne donnerai aucune estimation par rapport à la région de Lougansk. Mais il y'a une grande partie des gens de Donetsk et de sa région qui ne supporte pas la DNR et qui sont partisans d'une Ukraine unie. Je peux le confirmer. Les séparatistes sont mieux organisés et ont de meilleures ressources administratives et le soutien de l'état voisin. C'est tout. Et les sentiments sont approximativement égaux voire j'admet qu'il y'a plus d'opposants à la république populaire que de supporters.
Que penses-tu du feu à Odessa le 2 Mai ? Qui, penses-tu, a commis l'incendie volontaire ?
C'est une autre partie de la manipulation à grande échelle, sur laquelle il est difficile de parler car elle est basée sur le sang et les souffrances. D'ailleurs, comme tout ce qui se passe actuellement en Ukraine. On peut rappeler les meurtres brutaux des partisans de l'Ukraine a Gorlovka, les assassinats et les coups durant les manifestations pour la défense de l'unité de l'Ukraine à Donetsk, les coups et les tortures des séparatistes et des agents impérialistes. Le NKVD a opéré à Donetsk, dans les bâtiments de l'administration d'Etat, devenu les quartiers généraux des séparatistes et le siège de la DNR. Oui, c'est un nom très simple pour le lieu où les rebelles pro-russes amènent leurs opposants ou simplement les insatisfaits, et où ils sont frappés et torturés, où ils sont gardés dans des conditions affreuses pendant des mois. On peut rappeler des dizaines de cas. C'est la logique des conflits civils. Les pertes des deux côtés sont inévitables. Odessa est une partie des évènements Cela pourrait arriver dans n'importe quelle ville avec des activistes des deux camps. Avec le même succès, les séparatistes pourraient conduire des pro-ukrainiens dans un bâtiment et pendant la bataille, le feu pourrait arriver, avec le même résultat. Quand les gens meurent, les gens ordinaires, quand ils sont tués par d'autres gens ordinaires dans l'intérêt des riches, c'est la tragédie de tout le monde. J'ai mentionné cela au début de notre conversation. La tragédie à Odessa est une partie de la manipulation à grande échelle, une partie du score des victimes de la guerre civile préalablement ouverte. La guerre, qui de chaque côté est en train de tuer l'autre, et il y a des victimes occasionnées des deux côtés. Je le répète, la tragédie pour moi n'est pas de savoir qui tue qui et dans quelle proportion, mais le fait que les causes du conflit civil des gens ordinaire sont des mythes, qui font mourir dans l'intérêt de ceux qui sont au pouvoir. Donc, les gens qui tués sous le drapeau ukrainien comme ceux tués sous le drapeau russes sont les vicitimes des Molochs du pouvoir dans le sens le plus large du monde. Ce n'est pas une guerre des oppressés contre les oppresseurs, c'est une guerre de maisons féodales, où les morts sont les recrues, et les seigneurs se lavent les mains. C'est dégueulasse. La vraie révolution commencera quand les plébéiens se rejoindront contre les patriciens, et ne se tueront plus pour leur intérêts. Et pour Odessa nous ne connaitrons jamais la vérité. Comme me disait un supporter des séparatistes : «  Oui, les deux côtés mentent, mais tu dois choisir le mensonge que tu es prêt à défendre. Pour ne pas être déçu par ton choix après. » C'est la logique qui est dans les esprits des parties belligérantes. Je ne veux pas choisir entre deux types de mensonges, je veux être du côté de la vérité. Et la vérité est là où les gens luttent contre leurs oppresseurs, pas contre leur propre genre.
Quelle est ton attitude envers Avtonomnyj Opir, Borot’ba et les autres gauchistes de différents types, qui sont impliqués dans les protestations à l'Ouest et à l'Est ? Que sais tu a propos de la création de la garde Noire d'Ukraine ?
Je regarde Avtonomnyj Opir avec intérêt comme je crois que le mouvement anarchiste manque d'une étude compétente de la question nationale comme il manque une attitude envers le patriotisme dans sa forme purement folklorique, comme elle l’était dans certains vieux mouvements de Hristo Botev à Nestor Makhno. Il arrive qu'aujourd'hui la vison du cosmopolitisme est dominante parmi les anarchistes, le cosmopolitisme qui rejette toute racines et marginalise les peuples, alors que l'internationalisme , qui a une part d'intérêt national aussi bien que international et concerne l'amour pour un pays sans composé politique, a reculé dans ses positions. Les deux points de vue ont toujours été présents dans l'anarchisme. Les anarchistes internationalistes correspondent plus au sens commun à mon sens. Autrement nous risquons de faire un nombre important de vieilles erreurs et recommencer à être un mouvement marginal.
Je regarde Borot'ba avec précaution, car ils sont concurrent des anarchistes. Et ca veut dire qu'ils sont nos opposants. Le projetd e Borot'ba est proche du parti communiste et a été crée pour un futur remplacement du vieillisant et mourant KPU ( le parti communiste d'Ukraine). C'est une version moderne , jeune et contemporaine du Parti Communiste. Nous verrons les Mps de Borot'ba tenir des sièges au Parlement Ukrainien. Ils ont déjà commencé à suivre ce but. En terme idéologique, Borot'ba est l'héritier du vieux mouvement communiste, en prenant la responsabilité de sa longue histoire. En commençant par le combat de Marx contre Bakounine dans l'internationale jusqu'à la dictature bolchévique de Lénine et Trotsky et la destruction des anarchistes et de la Makhnovstchina , de Staline et l'Union soviétique à Petr Simonenko, Victor Apilov et Gennady Zyugaov aujourd'hui. C'est pourquoi je ne suis pas surpris que les Borotb'istes cherchent à rependre une part active dans le mouvement séparatiste dans le Sud Est de l'Ukraine du côté des forces impériales, et du pourquoi le drapeau rouge flotte à côté du drapeau tricolore impérial. Il y'a des pages héroïques dans cette histoire, mais les communistes étatiques seront toujours des ennemis des anarchistes, peu importe sous quels masques ils agissent, le non-attractif Simonenko ou l'attractif Vallejo. Tôt ou tard, nous nous trouverons nous même face à ce parti et nous nous battrons encore contre Borot'ba comme les Bolchéviques et les partisans de Makhno se sont battus l'un contre l'autre. C'est inévitable.
Je sais peu à propos projet de la « Garde Noire d'Ukraine »-et pour l'instant je suis sceptique à son propos, en rapport avec ma critique du mouvement anarchiste ukrainien que j'ai exprimé dans l'interview. Je serais fier de me tromper.
Penses tu qu'il y'a des experts russes dans le Sud-Est ?
Je ne le pense pas, je confirme. Et beaucoup d'entre eux sont dans des bases d'entrainement dans les régions de Donetsk et Lugansk, où des groupes de 400 à 500 locaux et des volontaires russes s'entrainent sous la direction d'instructeurs militaires. Il y'a des experts, qui sont , par exemple dans le bataillon « Vostok » ( Est), plusieurs dizaines de professionnels militaires russes. Il y'a Girkin et son groupe a Slovyansk, il y'a Bezler à Gorlovka et plein d'autres. Bien sur, la majorité des gens qui sont en train de se battre sous le drapeau des séparatistes sont des locaux, des travailleurs ordinaires ou des vétérans de l'armée ou d'agences de sécurité, les vétérans de la guerre d’Afghanistan, anciens policiers ou experts des forces spéciales. Mais un nombre significatif sont des volontaires de Russie, comme les Don Cossacks et les noyaux d'organisations nationalistes russes, sont des saboteurs militaires, spécialistes, qui organisent le processus. L’approvisionnement, l'équipement spécial, les armes et l'argent viennent de Russie via le puissant lobby de la Duma. Les gens proches de Poutine forment les fonctionnaires de la république populaire de Donetsk, des gens comme Glazjev, par exemple, et d'autres personnalités comme Zhirinovsky, Dugin, Barkashov. De plus, Le chef actuel du gouvernement de l'auto-proclamée « République Populaire » a Donetsk, est un célèbre stratège politique de Moscou, Boroday, désigné par l'administration du Kremlin ; il donne aussi des ordres au séparatistes du bataillon « Vostok », pour qu'il recrute des volontaires/mercenaires dans ses bureau de recrutement à travers toute la Russie. C'est une intervention qui s'appuie dans une large mesure sur le mouvement de protestation et les élites politiques locales. Tout ces éléments sont présent.
Y'a t'il une possibilité pour que les protestations se transforment en révolution sociale ?
Pour le moment, c'est un scénario improbable. Je crois fermement qu'on révolution sociale est possible uniquement lors de la présence de deux facteurs. Une demande massive publique pour un changement radical et l'organisation politique de l'aile révolutionnaire des anarchistes, qui seront capable de s'organiser et de diriger le processus de changement et déconsolider ses résultats. Si le premier facteur est plus ou moins présent, et que l'activité dans la population a augmenté, le facteur subjectif est toujours absent. Une révolution politique a pris place. Et les forces politiques et ceux que l'on a appelé la grande bourgeoisie- dans sa version moderne, les oligarques- prendront les avantages de son résultat. Mais si nous parlons d'une révolution sociale, il n'y'a aucune demande pour ça, les gens, même si ils voient les changement, ils les voient uniquement à l'intérieur d'un cadre purement politique. Et même ces shoots timides social d'anti-autoritarisme social-révolutionnaire, tant qu'ils ne sont pas soutenu par une une organisation révolutionnaire anti-autoritaire forte, seront détruits par l'agenda politique des bourgeois et des partis nationalistes. J'ai déjà parlé de l'absence d'organisation anarchiste. C'est le principal problème du mouvement anarchiste moderne et la cause de son effondrement dans le contexte des derniers développements. Les choses qui sont en train de se passer en Ukraine et le fait que les anarchistes ont été incapable d'utiliser la situation parce qu'ils ont refusé le sens commun pendant des années et étaient captivés par la sous-culture, des illusions anti-organisationnelles, fournit beaucoup d'éléments pour l'auto-analyse.
Et cela confirme toutes les conclusions et les efforts des supporters du projet appelé « RKAS-NI  Makhno » avaient tenté de mener. Le fait que ça a échoué en dit long et répond à la question suivante : « Est-t-il possible pour les anarchistes d'espérer maintenant de transformer l'activité des masses en la préparation de la révolution sociale ? ». L'organisation est un média important pour l'existence des idées. C'est un incubateur, une école, une société d'aide mutuelle et une plateforme productive pour les idées et les projets ; mais le plus important, c'est un outil pour la réalisation des idées, c'est un instrument d'influence et un instrument de lutte. Ca ne peut pas être remplacé par des groupes affinitaires. Lisez Makhno, Arshinov, Voline, Bookchin, finalement. Et tout devient clair. Les anarchistes aujourd'hui, comme en 1917, ont raté une opportunité unique de diriger le processus.
Quelles perspectives existent pour les anarchistes en ce moment ?
Pour l'instant, aucune. Et j'ai peur que dans le futur aussi, si les choses restent telles qu'elles sont. Si la révolution n'arrive pas dans les esprits de ceux qui se reconnaissent anarchistes. Dans cet interview, j'ai beaucoup parlé de l'auto-satisfaction de l'anarchisme, c'est pourquoi je ne veux pas me répéter. Le projet RKAS était une sorte de recette, qui n'a pas été seulement refusé, mais qui a eu contre elle une véritable persécution. Demandez à ceux qui s'autoproclament anarchistes en Ukraine, ce qu'ils pensent de la RKAS et vous entendrez du venin, de la bile, de la colère et des mensonges. Pourquoi ? Parce nous étions les seuls qui ne gardions pas la paix avec les supporters de la sous-culture et du chaos ( note du traducteur ;: ceux qui croient que l'anarchie est un mouvement pro-chaos), et les seuls qui parlaient du besoin d'unité, de discipline et de rigidité. Les seuls qui parlaient ouvertement d'une seule voie sur la faiblesse et fustigeaient les vices du mouvement. Et les seuls qui ont toujours agis contre les « règles ». Nous n'avons jamais été aimé des autres, avec notre spécial «  RKAS-like » et , comme un fait, l'anarchisme plateformiste de Makhno. Il y'a deux attitudes envers la RKAS parmi les anarchistes- respect ou haine. Mais il n'y'avait pas d'indifférence. Donc nous étions sur la bonne voie. Et notre lutte pour l'organisation est une lutte pour la réalisation de l'anarchisme en pratique. Maintenant nous avons beaucoup de choses à repenser. Mais je suis effrayé que personne ne retourne à ça dans le mouvement anarchiste. Les anarchistes ont une capacité unique dans les masses- ils n'ont rien attrapé. Ils préfèrent répéter les mêmes erreurs, et ceux qui essayent de les corriger, sont taxés de «  non-anarchistes ». Comme dans le cas de la « RKAS ». Alors que je crois que la RKAS est un phénomène unique dans l'anarchisme post-soviet, qui a existé pendant plus de 20 ans et a joué un rôle brillant dans son histoire. Beaucoup de groupes qui sont apparus plus tard sont seulement des clones de la RKAS, dont les créateurs ont juste copié des parodies de la matrice mère, en ayant perdu l'essence originelle. Et chaque anarchiste un peu à part entière qui a voulu créer sa nouvelle organisation , a toujours copié la RKAS, tout en revendiquant en créant cette copie être une rébellion anti-autoritaire et un nouveau pas dans l'anarchisme. C'est ridicule. Et ça serait juste drôle, si ce n'était pas triste. Parce une ambitieuse scission infinie du mouvement sur les motifs d'anti-autoritarisme, mais en fait sur la vanité idiote et l'auto-affirmation. Et je ne sais pas si le passage à l'age adulte viendra jamais... Makhno écrivait a ce propos il y'a déjà 100 ans. Bookchin, il y'a près de 40. J'écris aujourd’hui. Et ca dure toujours. Que dire d'autre ?

liens :  http://www.anarkismo.net/article/27370

mardi 23 septembre 2014

France: 40 députés demandent la dissolution des « antifas »

Source : La Horde

Mercredi 17 septembre, 40 députés ont déposé une proposition de loi « tendant à élargir les conditions de dissolution des associations ou groupements de fait tels que les groupes « antifas » » ; on pourrait en rire, si la démarche ne s’inscrivait pas dans un mouvement plus vaste de criminalisation de l’antifascisme de la part de ses ennemis déclarés, qu’ils appartiennent ou pas aux partis de gouvernement.
Loi anti-antifa
La proposition est un complément à l’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure,  sous la forme de deux alinéas  qui viennent ajouter à la liste des personnes concernées celles « qui portent atteinte à l’intégrité physique des forces de Police ou de Gendarmerie » et celles « dont les agissements entraînent une dégradation, destruction ou détérioration de biens appartenant à autrui. » Rien de très nouveau dans la course au tout-répressif, si ce n’est de spécifier dans la rédaction de la proposition qu’elle concerne en particulier les groupes « antifas », alors qu’on aurait pu légitimement attendre qu’elle désigne les producteurs d’artichauts… Mais en regardant d’un peu plus près la liste des signataires, on comprend mieux la logique de la démarche.
Commençons par les absents : ni Jacques Bompard, ni Marion Maréchal-Le Pen, ni Gilbert Collard ne sont signataires de la proposition. C’est à de braves députés « républicains » que l’on doit cette l’initiative. Petite revue de certains signataires :
Premier de la liste, Yannick Moreau est un député de Vendée, ancien du MPF aujourd’hui à l’UMP dans le courant de la « Droite forte », et  qui s’est fait remarquer en tant que maire d’Olonne-sur-Mer pour avoir remplacé sur la mairie le drapeau de l’Union européenne par celui de la Vendée.
Véronique Besse, député et responsable du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, est présidente d’un groupe d’études sur les chrétiens d’Orient (Etienne Blanc, un des autres signataires de la proposition, était lui en Irak dans le groupe UMP qui accompagna François Fillon en Irak) . Rien d’étonnant à ce qu’elle évoque la fameuse « théorie du genre à l’école  » lors de l’une de ses interventions à l’Assemblée nationale…
Meyer Habib
Meyer Habib et son ami Benyamin Netanyahou.
Meyer Habib, vice-président du CRIF (et conseiller de B. Netanyahu) était membre de l’OJC, Organisation Juive de Combat,  avait fait une autre proposition de loi visant à criminaliser l’antisionisme, prenant comme modèle la loi Gayssot sur le négationnisme. Cet été , il avait qualifié les accrochages aux abords des manifs de soutien à la Palestine de « nuit de cristal », oubliant au passage le rôle de la LDJ dans les violences, et choquant une partie de la communauté juive par ce « raccourci » historique. Rudy Salles est lui aussi soutien indéfectible à Israël, allant jusqu’à soutenir Tsahal pendant les bombardements de Gaza, et président sur Nice Côte d’Azur de la très réactionnaire Association France-Israël de Gilles-William Goldnadel.
Gérald Darmanin, député du nord, directeur de campagne de Christian Vanneste en 2007, avait demandé en 2012 à la ministre des Sports d’« interdire le port du voile sur les terrains de football de notre pays ». Un vrai professionnel des propositions  de loi du mieux vivre ensemble !
Lionel Luca, comme un autre signataire bien connu de la proposition, Thierry Mariani, fait partie de la Droite Populaire, le courant ultra réac de l’UPM (pour la peine de mort, contre l’avortement, l’immigration…) ; il était autrefois proche du couple Pasqua-de Villers, et plus tard de Debout le République de Dupont-Aignan ; enfin, c’est un soutien des mouvements pied-noirs et rapatriés, et l’animateur de la campagne contre le film Hors la Loi, avec des manifs communes à Marseille avec le FN.
Guy_tessierGuy Teissier est le seul authentique « facho » du groupe : engagé à 17 ans pour l’Algérie Française, il a été militant dans ce milieu dans les années suivant l’indépendance algérienne. Militant d’Ordre Nouveau, puis du PFN au début des années 1970 (il était candidat à Marseille sur la liste Blanchot aux municipales de 1971). Il se rapproche au cours des années 1970 de Madelin et des giscardiens, passe au RI, puis à l’UDF, à Démocratie libérale pour finir assez logiquement à l’UMP. N’oublions cependant pas Jacques Myard, qui anime quand même une émission sur Radio Courtoisie, la radio national-catholique qui sert de porte-voix à l’extrême droite réactionnaire.
Pour le reste, pas grand-chose à dire : on a multimillionnaire qui a fait fortune dans l’immobilier (Philippe Briand),  des soutiens de Sarkozy, beaucoup de membres de la Droite populaire, en particulier parmi ceux qui se sont opposés aux sanctions contre la Russie…
Cette initiative, aussi ridicule qu’elle puisse sembler, s’inscrit dans un contexte qui montre quelle place occupe aujourd’hui l’antifascisme dans les représentations des forces politiques, particulièrement à droite, sans même que le Front national n’occupe le moindre poste à responsabilité au sein de l’État.
Dans les années 1990, alors que le Front national connaissait une forte progression de ses scores électoraux et qu’il avait réussi à mettre la main sur plusieurs mairies de villes moyennes, l’antifascisme, qu’il soit républicain ou radical, apparaissait comme une composante légitime du paysage politique français. Il n’était pas rare de voir des affrontements lors des déplacements électoraux de candidats FN, affrontements n’impliquant pas que des militants mais aussi souvent, la population du quartier (cf. caravane électorale de Martine Lehideux pour les législatives de 1997 à Paris). De son côté, J-M. Le Pen, secondé il est vrai du DPS, le service d’ordre du FN, ne rechignait pas à faire le coup de poing, comme à Mantes-la-Jolie le 30 mai 1997. À cette époque, l’opposition à l’extrême droite, quand bien même elle prenait la forme d’une opposition physique à la présence de ses représentants, n’était pas systématiquement suivie d’une répression féroce.
Aujourd’hui, ce n’est plus le cas : non seulement la répression sanctionne systématiquement les antifas quand ils osent s’opposer véritablement à l’extrême droite, mais, plus significatif, l’opposition concrète à l’extrême droite est parfois présentée comme un reflet de la violence d’extrême droite (renvoyant ainsi racistes et antifascistes dos à dos), voire comme une atteinte à la liberté d’expression (le racisme, le sexisme ou toute autre forme de discours discriminant devenant une opinion parmi d’autres).
Contrairement à ce que les médias ont voulu nous faire croire lors de la mort de Clément Méric, l’antifascisme autonome d’aujourd’hui ne renoue pas avec les pratiques des bandes de la fin des années 1980, mais se situe dans la continuité de l’antifascisme radical des années 1990 et 2000. Si l’on met de côté les actions revendiquées FTP à Marseille à la fin des années 1990, qui s’inscrivaient dans un contexte local particulier, l’antifascisme radical n’a pas fondamentalement changé dans ses modes d’action depuis cette époque.
Or, on constate que depuis le début des années 2000, la répression frappe plus fortement qu’avant les militants antifascistes. On peut ainsi rappeler la condamnation de quatre militants qui s’étaient opposés à la propagande homophobe du Bloc Identitaire en juin 2004 sur le marché du Cours de Vincennes à Paris (4 mois de prison avec sursis et de forts dommages-intérêts) ou encore celle de deux autres militants opposés à SOS Tout-Petits (2 mois avec sursis et 800 euros de dommages-intérêts) le 13 septembre 2006. Suite à la venue à Toulouse de Jean-Marie Le Pen le 25 mars 2007, douze personnes furent arrêtées et 5 condamnées à de la prison ferme: les peines allant de 3 à 9 mois. En septembre 2008, en deux jours, à Paris et en banlieue parisienne, on compte trois cas de mise en garde à vue pour des durées allant de 24 à 36 heures, et deux perquisitions de domiciles avec de forts déploiements policiers, au prétexte que ces trois personnes sont soupçonnées d’avoir participé à des actions antifascistes au cours du mois de mai 2008, ayant permis d’empêcher coup sur coup une manifestation où se retrouve la fine fleur des fascistes français et un meeting du groupuscule néofasciste des Identitaires. Ce genre d’opérations policières avaient d’ailleurs déjà été menées un an auparavant à Lille, et à Limoges et Bordeaux. Depuis, on ne compte plus les gardes à vue et condamnations qui concluent de façon quasi-systématique les actions antifas, en particulier en région parisienne.
Cette répression de la part de l’État ne concerne bien entendu pas que les antifascistes, car elle s’inscrit dans un mouvement plus général visant à empêcher de toute forme de contestation sociale qui sorte un tant soit peu des formes généralement admises, comme les manifs sauvages, les actions d’occupation ou auto-réduction etc. Mais on peut lui trouver des facteurs d’explication propres. En effet, l’antifascisme comme question politique « légitime » a disparu à partir de la scission du Front national en 1999. Alors, l’essentiel des antifascistes républicains, dont l’action se limitait à appeler à des fronts républicains afin de faire barrage au FN dans les urnes ont vu la fin du danger que représentait l’extrême droite, alors que pour nous, antifascistes radicaux, non seulement le FN bougeait encore, mais surtout, ses idées continuaient à se diffuser dans le corps politique. Toujours est-il que la disparition de cet antifascisme républicain a sonné, dans l’opinion publique, le glas de la légitimité du combat antifasciste en France aujourd’hui. En effet, le Front national s’est totalement banalisé, le travail de dédiabolisation mené par Marine Le Pen avec la complicité des médias ayant atteint son but : désormais, il n’ y aurait plus de raison de vouloir lutter contre l’extrême droite et ses idées, et il est donc possible de mener une répression les militants antifascistes sans grand risque de choquer l’opinion.
Or, si l’on peut dire que l’extrême droite ne présente pas forcément un risque politique majeur dans l’immédiat, elle représente, du fait de l’institutionnalisation du FN et de la multiplication de petites structures plus ou moins éphémères, souvent en concurrence les unes par rapport aux autres, un risque militant indéniable. Les antifascistes doivent ainsi, dans le même temps, développer des formes d’auto-défense efficaces tout en veillant à ne pas se laisser prendre au piège de la répression, qui est pour l’État le plus sûr moyen à la fois de décourager les militants, mais aussi de les occuper en les obligeant à dépenser du temps et de l’énergie à organiser la solidarité.
La Horde

dimanche 14 septembre 2014

Biarritz: Agression homophobe contre un militant.

Vendredi soir,une agression homophobe a eu lieu à Biarritz sur un militant connu de tous."Sale PD","tu avais pas qu'à être PD" sont les quelques insultes proférées par le couple pendant qu'il le frappait.
 Plus de peur que de mal.
Nous apportons notre soutien total à F et un bon rétablissement.
L'homophobie,lesbophobie n'ont pas de place ni ici,ni ailleurs.
NO PASARAN !

Pavlos Fyssas : 1 an


jeudi 11 septembre 2014

Les fils de Petain

Original mais intéressant l'article du magazine Causette sur la nouvelle génération de fasciste


Ici le lien pour télécharger les 4 pages :
http://www.partage-facile.com/RBOD3XJ6VU/causette_n48_septembre_2014.pdf.html

lundi 8 septembre 2014

Biarritz : une secte fasciste s'installe.

Txartel txiki batzu Doneizpiritun ageri dira. Bere kolorea ikurrinarena
da, lauburu bat erdian, eta filosofi tongada proposatzen ditu. Txartelak
anabab izenpetuak dira.

 Il est apparu sur les murs à Saint Esprit une affichette aux couleurs de
l'ikurrina, avec le lauburu au entre, proposant des réunions et stages
philosophiques. Comme le mlontre la copie d'écran de recherche Google
ci-dessous, Anabab fait partie de la Nouvelle Acropole, secte fasciste

 http://biarritz.nouvelle-acropole.fr/