mardi 7 février 2012
samedi 4 février 2012
Violences d’extrême droite à Villeurbanne : « une affaire d’une gravité toute particulière
Le 15 janvier 2011, un couple tombe dans ce qui semble être un guet-apens sur un parking de supermarché à Villeurbanne, à la sortie d’un concert dans un squat, dont le lieu et les heures de début et de fin ont été annoncées sur Rebellyon. Agressés sur le trajet du retour vers le métro, les deux personnes sont laissées inanimées après avoir été roués de coups.
Par le nombre de personnes qu’elle a impliquée, par la violence des coups portés et l’organisation des agresseurs, cette affaire semble être l’une des plus importantes de l’agglomération lyonnaise depuis quelques années. En détention provisoire depuis un an, quatre des auteurs des violences viennent d’être relâchés, alors que la date du procès n’est toujours pas fixée.
Un an après les faits, entretien avec maître Sayn, l’avocat des personnes agressées.
Par le nombre de personnes qu’elle a impliquée, par la violence des coups portés et l’organisation des agresseurs, cette affaire semble être l’une des plus importantes de l’agglomération lyonnaise depuis quelques années. En détention provisoire depuis un an, quatre des auteurs des violences viennent d’être relâchés, alors que la date du procès n’est toujours pas fixée.
Un an après les faits, entretien avec maître Sayn, l’avocat des personnes agressées.
RBL : Bonjour Maître Sayn. Pour commencer, pouvez-vous nous dire comment s’est déroulée l’enquête sur l’agression ?
Bertrand Sayn : Cette affaire a été bien menée, tant dans le cadre de l’enquête initiale par les services de police que par le juge d’instruction désigné dans cette affaire. Le fait que l’agression ait été perpétrée à proximité d’une station service a permis d’avoir les images vidéo de ce qui s’est passé. Ces images sont de très mauvaise qualité et n’ont pas permis de reconnaître les protagonistes. Dans le cadre des gardes à vue les enquêteurs se sont toutefois très habilement servis de ces images ce qui a permis d’interroger les suspects et d’obtenir des informations déterminantes. Le Juge d’Instruction a beaucoup travaillé dans cette affaire et a réussi à mener cette instruction sur une période d’un an. L’affaire est quasiment terminée. Je pense qu’à ce jour l’ensemble des actes utiles à la manifestation de la vérité ont été accomplis.
RBL : On s’étonne que la presse locale, si prompte à faire des sujets sur les faits divers, n’ait pas - ou si peu - relayé ce qui semble une affaire judiciaire plutôt importante à l’échelle de l’agglomération, qu’en pensez-vous ?
Bertrand Sayn : Il est certain que cette affaire, ayant tout de même fait l’objet de plusieurs articles ou reprise dans différents magazines locaux [1], n’a pas fait les « gros titres ». Je considère toutefois que cette affaire est d’une gravité toute particulière en raison de la nature des violences, mais également du mobile. Le dossier établit que les deux victimes ont été frappées avec des battes de base-ball et des barres, des coups de pied et des coups de poing notamment au visage au seul motif qu’ils ressemblaient à des « libertaires ». Aucun regard, aucun mot n’avait été échangé. Les agresseurs se sont précipités sur eux, le couple a été immédiatement assailli. Le premier coup est un coup de batte de base-ball sur la tempe de la jeune femme. La scène a été d’une extrême violence.
Le mobile est strictement politique. Les assaillants ne connaissaient pas leurs victimes. Les victimes ont été frappées simplement pour ce qu’elles représentaient.
RBL : Où en est la procédure ? Quelle sera au final la qualification des faits ?
Bertrand Sayn : La procédure est quasiment terminée. En raison des lois organisant la détention provisoire, les intéressés ont été libérés après un an de détention, la loi ne permettant pas le renouvellement. Nous espérons que le procès interviendra le plus rapidement possible. Notre objectif est que l’audience survienne avant l’été. Les intéressés seront jugés pour des faits de violences volontaires avec arme et en réunion, certains en récidive Ceux restés un peu plus en retrait seront jugés pour abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité d’une personne, non assistance à personne en danger et participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradation de biens. Ce dernier délit, bien que créé sous la présidence Sarkozy, et très vivement critiqué parce qu’il semblait viser encore une fois les mêmes cibles et aggraver inutilement l’arsenal pénal, trouve ici une application très intéressante. Il est frappant dans cette affaire que l’ensemble des personnes mises en examen s’étaient effectivement regroupées et armées dans l’intention d’exercer des violences.sans même avoir des cibles déterminées mais en ayant bien l’intention d’en trouver une. Le « look » des victimes aura suffi ce soir là.
RBL : Vous avez été l’avocat de plusieurs autres antifascistes au cours de cette dernière année, quel bilan dressez-vous de ces derniers mois sur Lyon ?
Bertrand Sayn : En premier lieu il faut préciser que les deux victimes de ce dossier n’étaient pas des militants antifascistes et ne se réclament d’aucune appartenance politique. Leur présence s’explique par le fait qu’ils étaient venus voir des amis participant au concert donné ce soir là. Pour autant, il est vrai que j’ai assuré la défense de plusieurs personnes « antifascistes » notamment cette dernière année [2]. Les agressions sont nombreuses. Il est important que systématiquement les victimes fassent le nécessaire pour que la justice soit saisie de ces faits.
Au plan judiciaire, la tendance est plutôt de banaliser ces faits en les situant dans une opposition extrême droite / extrême gauche. Mon expérience personnelle me fait dire que les agressions sont pour l’essentiel des agressions commises par les militants d’extrême droite dont la présence à Lyon est de plus en plus marquée. Je pense au meeting récent organisé au parc de la Tête d’Or, à la manifestation d’il y a quelques jours, au local ouvert à Gerland [3], au local de Saint Jean, à leur main mise sur ce vieux quartier de Lyon et de la peur qu’ils font régner dans ce quartier désormais « interdit » à toute personne susceptible d’être apparentée au courant libertaire d’extrême gauche ou antifasciste.
La lutte antifasciste est une lutte indispensable. Elle mérite d’être pacifique.
Propos recueillis le 24/01/2012.
Bertrand Sayn : Cette affaire a été bien menée, tant dans le cadre de l’enquête initiale par les services de police que par le juge d’instruction désigné dans cette affaire. Le fait que l’agression ait été perpétrée à proximité d’une station service a permis d’avoir les images vidéo de ce qui s’est passé. Ces images sont de très mauvaise qualité et n’ont pas permis de reconnaître les protagonistes. Dans le cadre des gardes à vue les enquêteurs se sont toutefois très habilement servis de ces images ce qui a permis d’interroger les suspects et d’obtenir des informations déterminantes. Le Juge d’Instruction a beaucoup travaillé dans cette affaire et a réussi à mener cette instruction sur une période d’un an. L’affaire est quasiment terminée. Je pense qu’à ce jour l’ensemble des actes utiles à la manifestation de la vérité ont été accomplis.
RBL : On s’étonne que la presse locale, si prompte à faire des sujets sur les faits divers, n’ait pas - ou si peu - relayé ce qui semble une affaire judiciaire plutôt importante à l’échelle de l’agglomération, qu’en pensez-vous ?
Bertrand Sayn : Il est certain que cette affaire, ayant tout de même fait l’objet de plusieurs articles ou reprise dans différents magazines locaux [1], n’a pas fait les « gros titres ». Je considère toutefois que cette affaire est d’une gravité toute particulière en raison de la nature des violences, mais également du mobile. Le dossier établit que les deux victimes ont été frappées avec des battes de base-ball et des barres, des coups de pied et des coups de poing notamment au visage au seul motif qu’ils ressemblaient à des « libertaires ». Aucun regard, aucun mot n’avait été échangé. Les agresseurs se sont précipités sur eux, le couple a été immédiatement assailli. Le premier coup est un coup de batte de base-ball sur la tempe de la jeune femme. La scène a été d’une extrême violence.
Le mobile est strictement politique. Les assaillants ne connaissaient pas leurs victimes. Les victimes ont été frappées simplement pour ce qu’elles représentaient.
RBL : Où en est la procédure ? Quelle sera au final la qualification des faits ?
Bertrand Sayn : La procédure est quasiment terminée. En raison des lois organisant la détention provisoire, les intéressés ont été libérés après un an de détention, la loi ne permettant pas le renouvellement. Nous espérons que le procès interviendra le plus rapidement possible. Notre objectif est que l’audience survienne avant l’été. Les intéressés seront jugés pour des faits de violences volontaires avec arme et en réunion, certains en récidive Ceux restés un peu plus en retrait seront jugés pour abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité d’une personne, non assistance à personne en danger et participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradation de biens. Ce dernier délit, bien que créé sous la présidence Sarkozy, et très vivement critiqué parce qu’il semblait viser encore une fois les mêmes cibles et aggraver inutilement l’arsenal pénal, trouve ici une application très intéressante. Il est frappant dans cette affaire que l’ensemble des personnes mises en examen s’étaient effectivement regroupées et armées dans l’intention d’exercer des violences.sans même avoir des cibles déterminées mais en ayant bien l’intention d’en trouver une. Le « look » des victimes aura suffi ce soir là.
RBL : Vous avez été l’avocat de plusieurs autres antifascistes au cours de cette dernière année, quel bilan dressez-vous de ces derniers mois sur Lyon ?
Bertrand Sayn : En premier lieu il faut préciser que les deux victimes de ce dossier n’étaient pas des militants antifascistes et ne se réclament d’aucune appartenance politique. Leur présence s’explique par le fait qu’ils étaient venus voir des amis participant au concert donné ce soir là. Pour autant, il est vrai que j’ai assuré la défense de plusieurs personnes « antifascistes » notamment cette dernière année [2]. Les agressions sont nombreuses. Il est important que systématiquement les victimes fassent le nécessaire pour que la justice soit saisie de ces faits.
Au plan judiciaire, la tendance est plutôt de banaliser ces faits en les situant dans une opposition extrême droite / extrême gauche. Mon expérience personnelle me fait dire que les agressions sont pour l’essentiel des agressions commises par les militants d’extrême droite dont la présence à Lyon est de plus en plus marquée. Je pense au meeting récent organisé au parc de la Tête d’Or, à la manifestation d’il y a quelques jours, au local ouvert à Gerland [3], au local de Saint Jean, à leur main mise sur ce vieux quartier de Lyon et de la peur qu’ils font régner dans ce quartier désormais « interdit » à toute personne susceptible d’être apparentée au courant libertaire d’extrême gauche ou antifasciste.
La lutte antifasciste est une lutte indispensable. Elle mérite d’être pacifique.
Propos recueillis le 24/01/2012.
P.-S.
A lire aussi sur Rebellyon.info :
Le communiqué du Collectif de vigilance au lendemain de l’agression
Retour sur 2 ans de lutte à Lyon contre l’extrême-droite et ses agressions (avril 2011)
Rassemblement des fascistes islamophobes : le point sur les violences racistes et politiques dans tout Lyon (mai 2011)
Les articles traitant de l’extrême-droite sur Rebellyon.
Notes
[1] Note de RBL : on se rappellera notamment l’article assez surréaliste de Lyon Capitale, voir Agressions d’extrême-droite : Lyon Cap’ ment, invente et torture les faits. Deux brèves ont par ailleurs été publiées dans Le Progrès, le lendemain et le surlendemain de l’agression, et l’affaire a été mentionnée dans un article de La Tribune de Lyon[2] Voir entre autres Procès au TGI : les néo-nazis déboutés et violents en plein tribunal
[3] Note : le local de Gerland est aujourd’hui fermé suite à plusieurs mobilisations, un autre a par contre ouvert en plein coeur de la Guillotière.
REBELYON
vendredi 3 février 2012
jeudi 2 février 2012
La tentation brune de l’arc en ciel
Je suis mal à l’aise ces derniers temps. Mal à l’aise parce que je suis « membre de fait » d’une communauté appelée LGBTI ou Queer. Je me retrouve à l’observer (par goût) et ce que je constate ne m’amuse pas.
Mais que se passe-t-il dans la tête de pas mal de personnes ces temps-ci ? Pourquoi lis-je ou entends-je de plus en plus cette assertion que je pensais inimaginable ? Oui, depuis quelques mois maintenant, le vote Le Pen n’est plus tabou au sein de la « communauté ». Pire, il semble y prendre un poids bien au-delà du raisonnable.
Tout commence pour moi par des discussions, au départ sans fond politique, sur les réseaux sociaux (oui on a beau se dire que c’est de la merde, c’est prenant quand même). Ca part dans tous les sens ce genre de discussions, mais ces derniers temps, fréquemment, le dérapage est là très vite. Généralement, cela démarre avec une remarque sur « les musulmans ». Puis sur un supposé « intégrisme fort » pour se terminer par « moi, de toute façon, je pense qu’en 2012 je vote Le Pen, c’est la seule qui veut protéger les pd ». Oui je résume, en forçant très peu le trait ceci dit.
Qu’est ce qui peut pousser une minorité souvent mise à mal dans l’histoire comme au présent à accepter de voter, d’adhérer à des idées, contre elle-même ? C’est un peu le réflexe de l’ouvrier blanc contre le basané… Un oubli de classe ou de lutte commune au profit d’un égoïsme mal placé.
D’ailleurs, on voit même apparaitre sur Facebook des groupes du genre « les gays avec Marine » ou autre… C’est dire !
Il faut avoir la mémoire courte pour ne pas se souvenir des propos et écrits du parti de Le Pen père et filles. De la discrimination homophobe en passant par le rejet des séropositifs, la propagation de rumeurs infondées mais destructrices à propos de la propagation du SIDA, la haine viscérale affichée au moment du PACS. Tout cela serait oublié, du passé ? Il faut une grande candeur pour le croire !
En fait, la force de Le Pen, bien aidée par le gouvernement en place et certaines personnes de « gauche », c’est d’avoir réussi à instrumentaliser le fantasme autour des « musulmans » et d’avoir désigné avec force un ennemi intérieur au nom de la « laïcité » (autre mot qu’elle dévoie chaque jour). En s’appuyant là-dessus, elle peut dresser les opprimés les uns contre les autres. Au profit d’une seule chose : sa soif de pouvoir et de nuisance.
Faisant d’ailleurs oublier un peu vite que, globalement, toutes les religions rejettent les homosexuel(le)s et transgenres… Pratique quand on sait que le FHaine est un nid à catholiques intégristes !
Mais je suis dubitatif néanmoins sur la part que cela semble prendre dans le milieu gay (pour faire un raccourci).
Combien de temps a-t-on dû se battre pour obtenir la reconnaissance de nos morts sous les fascismes et autres barbaries dans le monde, pour qu’aujourd’hui on ose porter un parti dont la plupart des membres réécrivent l’histoire ? Combien de combats pour la reconnaissance des droits des malades pour aller vers un parti qui les méprise ? Combien de luttes encore à mener pour l’égalité des droits pour aller vers un parti qui nous promet une ségrégation bien propre ? Combien d’années de combat pour ne plus être vus comme des malades mentaux pour aller vers un parti où l’homosexualité est vue comme déviance ?
Bien que la proportion semble inférieure dans le milieu gay qu’ailleurs il ne faut pas nier que l’envies de vote (déjà, le vote...) pour Le Pen est en augmentation. Et cela ne peut que nous interpeler.
Chaque fois qu’un groupe, plus ou moins important, oublie la lecture de classe et d’oppression qui le concerne, il finit par voter ou adhérer aux pires idées, des idées contre lui-même, et qui, in fine, arrivent au pire.
Aujourd’hui, le virage à droite de la société est palpable, les idées merdeuses du FHaine se propagent, mais pire que tout, même certains de ceux qui devraient avoir le reflexe de combattre ces idées, ne serait-ce que par la « place » que leur octroie la société, se retrouvent à agir contre eux.
Certes, une sexualité ne fait pas le / un vote, mais l’ostracisme qui entoure cette sexualité en question devrait pousser à penser autrement son rapport au monde. Ce n’est surement pas en opprimant d’autres minorités que l’on ira mieux.
Décidément, le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève.
Fablyon
Tout commence pour moi par des discussions, au départ sans fond politique, sur les réseaux sociaux (oui on a beau se dire que c’est de la merde, c’est prenant quand même). Ca part dans tous les sens ce genre de discussions, mais ces derniers temps, fréquemment, le dérapage est là très vite. Généralement, cela démarre avec une remarque sur « les musulmans ». Puis sur un supposé « intégrisme fort » pour se terminer par « moi, de toute façon, je pense qu’en 2012 je vote Le Pen, c’est la seule qui veut protéger les pd ». Oui je résume, en forçant très peu le trait ceci dit.
Qu’est ce qui peut pousser une minorité souvent mise à mal dans l’histoire comme au présent à accepter de voter, d’adhérer à des idées, contre elle-même ? C’est un peu le réflexe de l’ouvrier blanc contre le basané… Un oubli de classe ou de lutte commune au profit d’un égoïsme mal placé.
D’ailleurs, on voit même apparaitre sur Facebook des groupes du genre « les gays avec Marine » ou autre… C’est dire !
Il faut avoir la mémoire courte pour ne pas se souvenir des propos et écrits du parti de Le Pen père et filles. De la discrimination homophobe en passant par le rejet des séropositifs, la propagation de rumeurs infondées mais destructrices à propos de la propagation du SIDA, la haine viscérale affichée au moment du PACS. Tout cela serait oublié, du passé ? Il faut une grande candeur pour le croire !
En fait, la force de Le Pen, bien aidée par le gouvernement en place et certaines personnes de « gauche », c’est d’avoir réussi à instrumentaliser le fantasme autour des « musulmans » et d’avoir désigné avec force un ennemi intérieur au nom de la « laïcité » (autre mot qu’elle dévoie chaque jour). En s’appuyant là-dessus, elle peut dresser les opprimés les uns contre les autres. Au profit d’une seule chose : sa soif de pouvoir et de nuisance.
Faisant d’ailleurs oublier un peu vite que, globalement, toutes les religions rejettent les homosexuel(le)s et transgenres… Pratique quand on sait que le FHaine est un nid à catholiques intégristes !
Mais je suis dubitatif néanmoins sur la part que cela semble prendre dans le milieu gay (pour faire un raccourci).
Combien de temps a-t-on dû se battre pour obtenir la reconnaissance de nos morts sous les fascismes et autres barbaries dans le monde, pour qu’aujourd’hui on ose porter un parti dont la plupart des membres réécrivent l’histoire ? Combien de combats pour la reconnaissance des droits des malades pour aller vers un parti qui les méprise ? Combien de luttes encore à mener pour l’égalité des droits pour aller vers un parti qui nous promet une ségrégation bien propre ? Combien d’années de combat pour ne plus être vus comme des malades mentaux pour aller vers un parti où l’homosexualité est vue comme déviance ?
Bien que la proportion semble inférieure dans le milieu gay qu’ailleurs il ne faut pas nier que l’envies de vote (déjà, le vote...) pour Le Pen est en augmentation. Et cela ne peut que nous interpeler.
Chaque fois qu’un groupe, plus ou moins important, oublie la lecture de classe et d’oppression qui le concerne, il finit par voter ou adhérer aux pires idées, des idées contre lui-même, et qui, in fine, arrivent au pire.
Aujourd’hui, le virage à droite de la société est palpable, les idées merdeuses du FHaine se propagent, mais pire que tout, même certains de ceux qui devraient avoir le reflexe de combattre ces idées, ne serait-ce que par la « place » que leur octroie la société, se retrouvent à agir contre eux.
Certes, une sexualité ne fait pas le / un vote, mais l’ostracisme qui entoure cette sexualité en question devrait pousser à penser autrement son rapport au monde. Ce n’est surement pas en opprimant d’autres minorités que l’on ira mieux.
Décidément, le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève.
Fablyon
P.-S.PS : bien entendu ce propos n’engagent que moi.
Paru dans REBELYON
mercredi 1 février 2012
Documentaire sur l'extrême droite en France (vidéo)
La crise économique et la peur de l'immigration contribuent à radicaliser une jeunesse en colère que des idéologues canalisent vers ces « ennemis » traditionnels de la France profonde que sont les démocraties, les juifs et les musulmans.
Dernier-né de cette tendance ultra radicale : Dies Irae, qui regroupe 150 nationalistes basés à Bordeaux. Officiellement, ce groupe traditionaliste catholique donne dans la bienfaisance et la dévotion; mais dans ses locaux, le discours prend une autre tournure. ( Ils s'inspirent des carnets de Turner).
Pendant cinq mois, un journaliste a infiltré ce groupe en pleine formation, partagé le quotidien de ses militants, recueilli leurs pensées les plus intimes.
Ce reportage-choc de la télévision française montre le vrai visage des militants d'extrême droite.
Le reportage disponible ICI REGARDEZ L'INTÉGRALE
Source Radio Canada
Deux militants d'extrême-droite comparaissent pour agression contre un musulman
A priori Kevin Lamadieu, 22 ans, et Romain Blandin, 24 ans, n'ont pas grand chose en commun. Le premier, plombier de profession, porte des cheveux taillés très courts, une veste noire à bouton et revendique des convictions "nationalistes" dont il n'a pas "honte". Le second, étudiant en histoire, arbore une longue queue de cheval, se dit volontiers "gothique" mais sans engagement politique.
Certes, ils se connaissent, mais à les entendre à la barre du tribunal correctionnel de Versailles devant lequel ils comparaissaient mardi 30 janvier pour "violence en réunion à raison de l'appartenance religieuse", ils ne se fréquentent que de manière occasionnelle. Kevin milite depuis l'âge de 15 ans dans des organisations d'extrême droite. Encarté au GUD, il ne rate pas une manifestation. Romain, lui, assure se tenir loin de tout ça.Ils répondent tous deux d'une agression commise dans la nuit du 24 au 25 juillet 2008 à Guyancourt (Yvelines), contre Nouredine Rachedi, 34 ans. Ce soir là, peu après minuit, Nouredine rentrait chez lui. Abordé par les deux jeunes gens qui lui demandent une cigarette, il répond qu'il n'en a plus. L'un d'eux l'interroge sur son appartenance religieuse : "Tu es musulman ?" Nouredine répond que oui. L'autre enchaîne : "que penses-tu des événements en ex-Yougoslavie ?" Nouredine n'a pas le loisir de se pencher sur la question. Les deux jeunes gens le frappent au visage, le mettent à terre et le rouent de coups avant de prendre la fuite. Nouredine s'en sort avec de multiples contusions et 21 jours d'incapacité totale de travail.
Deux semaines plus tard, après qu'il eut décrit ses agresseurs aux policiers, ces derniers lui soumettent 90 photographies de jeunes gens correspondant à sa description. Nouredine n'a pas une hésitation : il désigne de suite Kevin Lamadieu. Celui-ci est connu de la police pour son appartenance à l'extrême droite. Il est considéré comme "dangereux" en raison des violences dont il s'est déjà rendu coupable et pour lesquelles il a été condamné. Interpellé, il nie. A son domicile, les policiers découvrent tout un attirail du parfait néo-nazi : portrait d'Hitler, ouvrages fascistes, photos de l'intéressé en tenue nazi bras tendu en un salut impeccable… Bref la panoplie complète des nostalgiques du troisième Reich. Pour sa défense Kevin bredouille qu'il n'est pas "raciste, ni xénophobe, ni même antisémite". Mais il aime l'histoire. Et quoiqu'il en soit, il n'a "jamais rencontré Nouredine Rachedi".
Même chose pour son comparse. Lui n'a pas été identifié de manière aussi formelle. Nouredine ne l'a désigné que huit mois après l'agression. C'est l'enquête qui a permis de rapprocher les deux prévenus et l'examen de leur téléphonie qui a pu établir que le soir des faits, ils étaient probablement ensemble. A l'instar de son copain, Romain nie les accusations proférées contre lui.
Ces dénégations n'ont pas convaincu le parquet. Si, comme l'a expliqué la présidente du tribunal, Anne Demortière, l'objet de ce procès était d'examiner si oui ou non, les deux prévenus ont commis l'agression dont ils sont soupçonnés, la représentante du ministère public est convaincue que "leur appartenance politique constitue le mobile de cette violence". Elle a requis 18 mois de prison dont 12 avec sursis contre les deux suspects. Jugement le 14 février.
Yves Bordenave
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